PSA s'invite dans la mobilité

(Paris, le 5 avril 2016)

Lors de la présentation de son plan Push to pass, le constructeur français a multiplié les annonces (produits, énergies, services, nouveaux métiers, retour aux USA). C’est un nouveau groupe qui vient de naître, avec un discours centré sur la mobilité.

Maintenant on dit "groupe PSA" avec un "e" pour bien montrer que les racines restent en France, même si l’entreprise se mondialise de plus en plus. Mais, un nouveau nom et un nouveau logo ne sauraient résumer la nouvelle impulsion que Carlos Tavares veut donner.

Après avoir évité la sortie de route fatale, le pilote du constructeur a renoué avec la croissance et veut l’installer dans la durée en proposant des produits adaptés à chaque région du monde.

Rien que pour l’Europe, le plan Push to pass prévoit 28 nouveaux lancements d’ici 2021. Dans le lot, il y aura 7 véhicules hybrides rechargeables et 4 modèles 100 % électriques. Le groupe a aussi précisé sa "road map" pour le véhicule autonome, avec un calendrier qui part de 2018 (assistant dans les bouchons), prévoit en 2020 une assistance qui permet de lâcher les mains du volant, et autorise même à détourner le regard en 2021.

En matière de voiture connectée, 2016 sera l’année du déploiement du « mirroring » pour intégrer les smartphones dans les véhicules et proposer des applications sur l’écran de bord. Il y aura en 2018 des services de divertissement basés dans le cloud et de la mise à jour de logiciels « over the air » (par réseaux sans fil) dès 2020.

Mais, au-delà de son métier de constructeur, l'entreprise se voit de plus en plus comme un opérateur de mobilité.

Ainsi, PSA va proposer des assurances du type "pay as you drive", dont le tarif sera indexé sur le nombre de km parcourus (et fourni par des boîtiers embarqués), dans le cadre des offres de leasing.

Le groupe entend également se renforcer dans l'autopartage. Il opère déjà le service Multicity à Berlin et coopère avec Bolloré (un projet est à l'étude) ainsi qu'avec la start up Koolicar (location entre particuliers) qu'il soutient avec l'aide de la MAIF. PSA veut également cibler l'autopartage dans le monde professionnel avec Share your fleet. C’est d’ailleurs avec le car sharing que l’entreprise va préparer son retour aux USA.

Et ce n'est pas tout. Le constructeur travaille avec IBM pour générer des données sur le trafic (à partir des capteurs de ses véhicules connectés) et les revendre à d'autres opérateurs.

Le groupe lance aussi un fonds d'investissement de 100 millions d'euros, pour soutenir des start-ups prometteuses dans le domaine de la mobilité.

A la manière d’un Volkswagen et d’un BMW, PSA sait que son avenir va au-delà de la seule voiture individuelle.