Véhicule autonome: Volvo veut sauter les étapes

(Paris, le 28 avril 2017)

C’est une petite révolution qui se dessine : au lieu de suivre un calendrier progressif, certains constructeurs sont prêts à proposer d’un coup l’automatisation intégrale.

Lors d’une conférence sur la voiture connectée et autonome, qui se tenait au début du mois d'avril à Bruxelles à l’initiative de la Commission Européenne, le PDG de Volvo a quelque peu bousculé le calendrier jusqu'alors établi de la voiture autonome. Le constructeur d’origine suédoise, va mener prochainement un test d’envergure à Göteborg. Une centaine de XC90 autonomes vont s’insérer dans le trafic et être utilisés par de vrais clients. Cette expérimentation va permettre à Volvo de mesurer la pertinence de ses choix technologiques.

Mais, ce qui a marqué le plus ceux qui ont assisté à la conférence, c’est lorsque Hakan Samuelsson a exprimé son inquiétude vis-à-vis du mode de conduite autonome de niveau 3. Il s’agit de la prochaine étape, qui permet de quitter momentanément la route des yeux. C’est un vrai challenge, car les constructeurs se demandent quelle est la meilleure manière de faire revenir l’homme dans la boucle. « Avec ce mode, la voiture a la charge de la conduite tout en contraignant le conducteur à se tenir prêt à reprendre le contrôle du véhicule en cas d’urgence, quand tout peut basculer en quelques secondes, déplore M. Samuelsson. Volvo juge que ce niveau n’offre pas les garanties de sécurité nécessaires et, fort de ce constat, entend directement passer au niveau supérieur pour ses voitures autonomes ».

Cela signifie donc que, dès 2021, le constructeur d’origine suédoise, proposera un véhicule de niveau 4. Il sera capable de gérer les situations d’urgence, sans intervention du conducteur. Et le constructeur prend l’engagement d’assumer l’entière responsabilité juridique en mode autonome. A cette même date, on connaît au moins deux constructeurs qui se déclarent prêts à proposer le niveau 4. Il s’agit de Ford et BMW.

Avec plusieurs années d’avance sur le calendrier, ces constructeurs prennent peut-être un pari risqué. Les enquêtes d’opinion montrent que les clients potentiels restent encore sceptiques sur la fiabilité de la technologie. Le dilemme est donc de faire le choix entre l’automatisation progressive et à pas comptés et l’autonomie totale. Un coup de poker qu’est prêt aussi à tenter Tesla, qui équipe déjà ses modèles des capteurs adéquats.

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(Paris, le 28 avril 2017)

C’est une petite révolution qui se dessine : au lieu de suivre un calendrier progressif, certains constructeurs sont prêts à proposer d’un coup l’automatisation intégrale.

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