Génération VO

Nouveau et intéressant : les jeunes achètent du vieux, et les vieux achètent du neuf ! Dans notre pays, crise du pouvoir d'achat oblige, l'attitude face à l'automobile de ne cesse d'évoluer.

Contrairement à de nombreuses idées reçues, tout va bien sur la planète auto ! C'est en tout cas Eric Champarnaud* qui le dit, avant de préciser "je veux parler du marché automobile mondial qui croît de 5% par an !" Bien sûr, l'Europe est à la traîne, la France en particulier bat des records de désaffection pour le véhicule neuf, avec un marché en dégringolade continue depuis trois ans (-14%). Et l'optimisme n'est pas de mise si l'on en croit les propos de François Roudier, porte-parole du Comité des Constructeurs Français d'Automobiles (CCFA) : "à l'attentisme des clients particuliers, surtout parmi les classes moyennes ce qui affecte les marques généralistes, vient maintenant s'ajouter la prudence des clients professionnels".

Dans le reste du monde en revanche, les ventes automobiles continuent de faire des scores remarquables, y compris au Japon ou aux USA, pays pourtant marqués il y a peu par des coûts d'arrêts terribles. "En Chine on ne voit pas de VO ; c'est comme en Espagne il y a quelques années : quand on veut une voiture, on l'achète neuve, dans sa boîte !" s'amuse notre expert. Chez nous, rien de tout ça : les rares acheteurs de véhicules neufs sont des seniors de 60 ans et plus. Pour un ménage moyen, impossible de se lancer dans l'acquisition d'une voiture neuve avec un pouvoir d'achat en berne depuis trois ans. La part de budget consacré à l'achat d'un véhicule passe de 5% en 2000 à 3% aujourd'hui.

Le véhicule d'occasion bénéficie-t-il de cette situation ? Très certainement, dans notre pays on se tourne de plus en plus vers le VO : le ratio est de 3 pour 1 : 3 fois plus de VO achetés que de VN : "les jeunes achètent du vieux, les vieux achètent du neuf, précise Eric Champarnaud, quant aux critères d'achat d'une voiture neuve, ils évoluent. Des notions telles que l'image de soi, le statut social, le désir de nouveautés jadis en tête de liste, arrivent désormais très loin. La voiture ne fait plus rêver les jeunes générations." Assiste-t-on à l'émergence de nouveaux comportements ? Certainement, tout au moins en ville, car à la campagne, là où il faut absolument être motorisé, le taux d'équipement ne baisse pas, le kilométrage parcouru non plus. Mais c'est aussi dans les zones rurales que l'on trouve le plus de véhicules d'occasion. "Pourtant viendra bien un jour où il faudra renouveler le parc", conclut avec une note d'optimisme le vice-président du BIPE.

* Vice-président du BIPE.