L’urgence d’une nouvelle procédure d’homologation réaliste

 

(Paris, le 25 septembre 2015)

 

Une semaine après le démarrage de l’affaire des tests antipollution truqués aux Etats-Unis par VW, qui plonge le premier constructeur mondial dans la pire tourmente de son histoire,  quels enseignements pouvons-nous déjà tirer de ce tsunami ?

Des enquêtes sont en cours un peu partout dans le monde, et il est bien entendu trop tôt pour tirer des conclusions sur l’ampleur de la fraude et sur l’éventuelle implication d’autres constructeurs. 

Une chose est sûre cependant. Le diesel fait figure, à ce stade, de principale victime collatérale de la « tricherie » du constructeur allemand. Ses détracteurs ont, il est vrai, un véritable boulevard devant eux. Depuis des années, cette énergie est pointée du doigt pour ses émissions de particules. Certains réclament purement et simplement sa mise à mort, oubliant au passage qu’il représente  encore plus de la moitié du parc total en Europe et même 60% en France. Le « Dieselgate », comme n’ont pas tardé à l’appeler les médias, apporte une eau inespérée à leur moulin. Difficile dès lors de rappeler que les moteurs diesel  d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux  d’antan, qu’ils font jeu égal avec les motorisations essence et qu’ils contribueront  de façon certaine à l’atteinte des objectifs  de réduction des émissions de CO2 et même de Nox (oxydes de carbone), grâce aux efforts de recherche menés par les constructeurs.

Les énergies renouvelables, bien que prometteuses pour l’avenir, n’ont pas encore démontré leur capacité à remplacer à court terme les avantages des voitures dites « thermiques », même si les progrès vont vite.

A court terme cependant, et sans attendre les prochains développements de ce dossier, l’affaire Volkswagen rend plus que jamais nécessaire et évidente l’entrée en vigueur d’une nouvelle procédure d’homologation des consommations énergétiques. L’entrée  en vigueur de la procédure  WLTP (Worlwide Harmonized Light Duty Driving Test Procedures) est toujours prévue en 2017 et a pour objectif de mettre fin à une forme d’hypocrisie admise par tous les acteurs du monde automobile et consistant à se satisfaire de chiffres officiels de consommations très éloignés de la réalité quotidienne. Pour sa défense, on rappellera que l’actuel cycle officiel, appelé New European Driving Cycle (NEDC) date de 1990. A cette époque, l’électronique n’était pas aussi omniprésente dans les moteurs. Les changements d’homologation ne seront, certes,  pas sans conséquence pour l’industrie automobile, qui devra s’adapter à ces nouvelles règles du jeu. Mais nous espérons qu’ils auront l’avantage d’éviter de tels cataclysmes par leur plus grande transparence.

L’OVE a toujours mis en garde ses adhérents sur l’approximation des relevés de consommation pour les calculs des valeurs d’usage des véhicules. Car les consommations normées sont, on le sait, notoirement plus élevées (de 20 à 40%) dans des conditions normales d’utilisation, quelle que soit l’énergie considérée.

Bernard FOURNIOU
Président de l’OVE