Le 48 volts va-t-il devenir « mainstream » ?

 

(Paris, le 30 juillet 2020)

Une alternative au « full hybride » est la micro-hybridation de type 48 volts. Elle est appelée à se généraliser chez les constructeurs pour réduire les niveaux de CO2. Cette solution d’électrification à moindre coût permet notamment de récupérer l’énergie au freinage et à la décélération, puis de la restituer au moteur à combustion, réduisant ainsi les émissions de CO2 et permettant au passage d’alimenter en courant certains équipements. Elle fait appel à une batterie au lithium-ion supplémentaire de 12 V, un convertisseur de courant 12-48 V et un alterno-démarreur de 48 V. 

De plus en plus de constructeurs y viennent. C’est le cas par exemple de Ford, qui propose la Fiesta EcoBoost Hybrid et la Focus EcoBoost Hybrid dotées d’une architecture hybride légère (mild-hybrid). Un système d’alterno-démarreur à entrainement par courroie (BISG) intégré au moteur EcoBoost 1.0 l, en lieu et place de l’alternateur standard, permet d’améliorer le rendement énergétique tout en offrant plus de puissance et de réactivité. La formule s’adapte aussi à des véhicules plus gros comme le SUV Kuga.

Suzuki va se lancer aussi. Depuis quelques années, ce spécialiste des petits véhicules a développé un système d’hybridation légère SHVS (pour Smart Hybrid Vehicle by Suzuki) qui s’appuie sur une batterie lithium-ion de 12 V de tension qui alimente un alterno-démarreur. Ce système équipe l’Ignis et la Swift. Mais, le constructeur japonais va passer à une technologie 48 V plus performante sur le Vitara, ler S-Cross et la Swift Sport. Elle associe une nouvelle évolution du 4-cylindres 1,4 litre turbo essence à injection directe (K14D-DITC) à un alterno-démarreur et à une batterie lithium-ion 48 V (8Ah).

Et les Français ? Renault a été un précurseur avec le Scenic il y a quelques années, mais la technologie a été abandonnée. Quant à PSA, il va y venir en 2022 dans le cadre de sa collaboration avec l'équipementier Punch Powertrain. Ce dernier a développé une nouvelle transmission e-DCT (boîte à double embrayage de 7 rapports et électrifiée) qui servira au système hybride léger 48V du groupe. Le moteur électrique intégré dans la boîte développe de 17,5 à 24 kW. Elle sera associée au 3-cylindres à essence 1.2 PureTech et permettra un gain de 15 % de consommation environ.

L’un des plus ardents partisans de cette forme d’hybridation est BMW. La marque, qui a lancé la micro-hybridation 48 volts sur la Série 5 et la Série 3, va implnater cette technologie sous le capot de ses X3, X4, X5, X6, X7, Série 6 et Série 7. Plus de 50 versions de BMW vont bientôt disposer du 48 volts.

Chez Volvo, le break V90 est désormais disponible avec une motorisation micro-hybride en France. Le système d’électrification légère 48 V est compatible avec les moteurs diesel B4 et B5 en mode 4 roues motrices. Il permet de réaliser jusqu’à 15 % d’économies de carburant et de réduction des émissions en conditions de conduite réelles.

Land Rover estime également que la technologie fait du sens. La firme va supprimer les moteurs V8 et V6 diesel pour le Range Rover et le Range Rover Sport et les remplacer par un 6 cylindres en ligne Diesel de 3 litres doté d'un système de micro-hybridation de 48 volts. Il y aura deux versions : le D300 (225 g/km) pour le D340 (241 g/km).

Plus surprenant : la technologie a été adoptée par Maserati sur la Ghibli. L’hybridation légère, avec une batterie de 48 volts, est une petite révolution pour le constructeur italien.