Les constructeurs qui font du diesel (II)

Du côté des constructeurs européens et américains...
 

PSA : BlueHDI, le diesel propre

Pour son nouveau moteur BlueHDI, PSA a fait le choix de placer le catalyseur SCR en amont du filtre à particules additivé. Ainsi, le catalyseur monte plus rapidement en température et atteint un meilleur rendement d’élimination des NOx. Cette caractéristique confère au système un second avantage non négligeable : être en mesure d’éliminer plus de NOx permet d’optimiser aussi l’efficacité de la combustion et de réduire au passage de 4 % la consommation de carburant. Par ailleurs, le groupe prépare déjà l’évolution de la norme Euro 6, avec à l’horizon 2017/2018, une nouvelle famille de moteurs DV-R qui remplacera les actuels moteurs diesel des modèles d’entrée et de milieu de gamme. Rappelons que PSA est celui qui a introduit en première mondiale le filtre à particules, dès l’an 2000. Son choix de FAP avec additif permet de regénérer quatre fois plus vite qu’avec un filtre classique. L’hybride diesel reste également un axe de développement. En 2013, le Groupe a vendu 24 319 véhicules Hybrid4, ce qui le positionne au rang de numéro deux du secteur en Europe derrière Toyota. En tout, 50 000 ventes ont été enregistrées depuis le démarrage en 2012.

Renault : un twin Turbo Energy pour les gros véhicules

La marque au losange, qui a renouvelé sa gamme dCi, avec des techniques dérivées de la F1 (refroidissement, réduction des frottements), vient de développer son premier diesel avec double turbo. Le 1.6 Energy dCi 160 Twin Turbo délivre une puissance de 160 CV et un couple généreux de 380 Nm, qui le propulsent dans la cour des moteurs 2 litres en termes de performances. Il s’agit d’une première pour un moteur de 1,6 litre, avec à la clé une consommation et des émissions de CO2 réduites de 25 %. Il respecte en outre les critères de la norme de dépollution Euro-6b avec un NOx Trap et un système de régénération du filtre à particules. Renault le prédestine pour des véhicules de grand gabarit, en particulier les futurs véhicules des segments D et E. Il est monté sur le Trafic dans la catégorie utilitaire.

Chrysler/Jeep : la ruée vers le diesel ?

C’est une conséquence directe du rapprochement avec Fiat. Jeep a créé la surprise avec le Grand Cherokee en version V6 3 L EcoDiesel, dont le bloc est le même que celui de la Maserati Ghibli. Avec ce moteur à la fois puissant et plus vertueux, la marque a écoulé plus de 600 exemplaires en quelques mois sur le marché US. Chrysler va pour sa part lancer le Ram 1500 EcoDiesel, avec le même moteur de 240 CV. Selon la marque américaine, les versions diesel pourraient représenter 30 % des ventes de ce modèle.

Fiat : toujours une longueur d’avance dans le diesel

Grâce à sa filiale Magneti Marelli, qui a inventé le common rail avant de le céder à Bosch sous licence pour le commercialiser, le groupe Fiat conserve une primeur technologique. La dernière évolution connue est la technologie Multijet II, qui peut gérer jusqu’à huit injections par cycle grâce à la nouvelle servovalve à équilibre de pression, ce qui offre une vitesse, une souplesse et une précision accrues pendant les diverses phases de fonctionnement. L’injecteur est lui-même plus simple dans sa construction avec 40 % de composants en moins et donc plus fiable. Grâce à cette nouvelle génération d’injecteurs, les cartographies moteur permettent d’optimiser la combustion. L’injection « rate shaping » permet, par exemple, d’avoir deux injections consécutives tellement proches qu’elles génèrent une dispersion continue et modulée du mélange dans les cylindres. Ainsi, la combustion est meilleure, ce qui favorise le silence de fonctionnement, la baisse des émissions de particules et de NOx. Ce concept est appliqué au moteur 1,6 Multijet 105 CV de la Fiat 500L. Ce bloc est par ailleurs doté d’un turbocompresseur à géométrie fixe de petites dimensions, d’une pompe à huile de cylindrée variable et d’un alternateur à chargement « intelligent ». C’est ce qui permet à Fiat d’avoir des niveaux d’économie de carburant, d’écologie et de prestations aux sommets de la catégorie.

Ford : toujours un partenariat avec PSA

La marque à l’ovale met surtout l’accent sur sa gamme EcoBoost essence, mais elle ne délaisse pas pour autant le diesel. Elle propose toute une gamme avec le 1,5 L, le 1,6 L et le 2 L Duratorq TDCI. La version 1,6 L existe aussi en mode Econetic avec Stop & Start, volets de calandre actifs et recharge intelligente de la batterie. Ford pousse aussi le diesel aux USA, seulement pour les vans à l’heure actuelle. Ces moteurs sont compatibles avec le biodiesel. Le géant américain reste lié à PSA, par un accord industriel qui a déjà permis de produire plus de 20 millions de moteurs depuis l’an 2000. Néanmoins, les deux groupes ont décidé en 2012 de développer et industrialiser indépendamment leurs moteurs diesel à forte cylindrée (2 litres et plus) pour répondre à leurs besoins futurs, en intégrant les évolutions réglementaires. Une décision qui ne concernera dans un premier temps que les utilitaires, à partir de 2015.

GM : le diesel pour les US et pour l’Europe

Le géant américain a fait sensation aux USA en lançant la Chevrolet Cruze en version diesel (deux litres/quatre cylindres). Le groupe prévoit deux autres modèles en 2016, avec la Chevy Colorado et le GMC Canyon. Mais, il planche d’ores et déjà pour des versions diesel sur les voitures, les pick ups et les trucks. « Vous allez voir de plus en plus de diesel aux US », a déclaré l’un des patrons du groupe, Mark Reuss, lors du salon de Detroit en début d’année. S’agissant de l’Europe, General Motors propose déjà du diesel sous la marque Opel (voir plus loin) et Chevrolet (bien que la marque soit amenée à disparaître). Concernant Cadillac, la griffe de luxe du groupe, des moteurs diesel vont arriver dans les années qui viennent. Ils prendront place sous le capot de modèles sportifs (ATS, CTS) et du SUV SRX pour concurrencer les marques allemandes Premium, à la fois en Europe, mais aussi en Asie et en Amérique.

Jaguar : le diesel « so chic »

La marque au félin propose en tout quatre motorisations diesel : 2,2 L 163 CV ou 200 CV, ainsi que V6 3L 240 CV et V6 3L S 275 CV. Des motorisations couplées avec le Stop & Start et une boîte automatique à huit vitesses. Avec la gamme diesel, les émissions de CO2 démarrent à partir de 129 g/km.

Land Rover : de l’hybride diesel pour le Range

La firme vient de sortir une version hybride diesel de son célèbre Range. Par rapport à la version classique en diesel, la consommation est abaissée de 26 % pour des rejets de CO2 limités à 169 g/km. Aussi performant qu’un huit cylindres, le Range hybride combine un moteur 3 L SDV6 et un moteur électrique de 35 kW (3640 CV au total). L’ensemble de la chaîne de traction hybride ne dépasse pas les 120 kg. Le véhicule peut rouler pendant 1,6 km en mode tout électrique, jusqu’à 50 km/h maxi. Cette version est commercialisée en Europe, mais aussi en Chine, en Australie, en Corée et à Taïwan.

Maserati : deux modèles au gazole

Après Porsche et Jaguar, c’est au tour de la marque italienne (cousine de Ferrari) de céder à l’appel du gazole, avec la nouvelle Ghibli, dotée d’un moteur 3 l V6 de 275 CV fourni par VM Motori*. Et plus récemment, c’est la mythique Quattroporte qui a reçu sous son capot ce bloc diesel. Sacrilège, penseront certains. L’élargissement de l’offre de Maserati au diesel s’inscrit dans le cadre de l’objectif ambitieux de la marque de porter ses ventes à 50 000 unités par an à partir de 2015, contre 6 200 actuellement.
*Une société détenue à 50 % par Fiat et GM.

Volvo : une révolution dans l’injection avec i -Art

La marque suédoise a introduit une première mondiale avec la technologie i -Art. Grâce à un retour d’information au niveau de chaque injecteur, au lieu d’utiliser classiquement un seul et unique capteur de pression dans la rampe commune, ce système i-permet de surveiller et d’adapter en permanence l’injection de carburant à chaque cycle de combustion dans chacun des quatre cylindres. La technologie i -Art, qui fonctionne à une pression de 2 500 bars, est qualifiée de seconde phase de la révolution du diesel par Volvo. Il en résulte moins de consommation et d’émissions de CO2, avec un rendement optimal et un tempérament bien marqué. Il faut rappeler aussi que Volvo a été le premier à proposer sur le marché un modèle hybride diesel rechargeable avec la V60 Plug-In Hybrid. Ce break sportif embarque un moteur D5 2.4 L de 215 CV, accouplé à une boîte automatique à six rapports, ainsi qu’un moteur électrique délivrant 70 CV, monté sur l’essieu arrière. L’énergie électrique provient d’un pack batterie lithium-ion de 12 kwh. La consommation en cycle mixte européen est donnée pour 1,8 l/100 km, 48 g de CO2. L’autonomie totale atteint 1 200 km.

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