Les constructeurs qui font du diesel (III)

Du côté des constructeurs asiatiques...
 

Honda : un moteur garanti un million de kilomètres

La marque japonaise n’hésite pas à mettre en avant la fiabilité de ses moteurs diesel. L’opération, qui avait déjà été proposée sur la Civic en 2013, a été reconduite en début d’été sur la Civic 1.6 i-DTEC (berline et Tourer) et le CR-V 1.6 i-DTEC avec une garantie moteur de 1 000 000 km ou 10 ans, cessible à la revente. Une façon de prouver la solidité du tout nouveau moteur Diesel 1.6 L de 120 CV, doté des technologies Honda Earth Dreams, qui visent à faire de la marque le leader des économies de carburant, dans chaque catégorie de cylindrée. Le constructeur a travaillé sur un équilibre entre faible consommation et performance. Par ailleurs, les frottements mécaniques ont été réduits à un niveau équivalent à ceux d’un moteur essence.

Hyundai : la Grandeur passe au diesel

Ce modèle phare de la marque en Corée a profité du récent salon de Busan pour subir quelques retouches, mais surtout s’enrichir d’une inédite version diesel. Elle adopte en effet sous le capot un 4 cylindres « R » 2,2 l L de 202 CV, avec turbo à géométrie variable et aligné sur la norme Euro 6.

Mazda : un nouveau moteur SKYACTIV D

Sur la Mazda 2, le constructeur japonais va étrenner le moteur SKYACTIV-D 1,5 L de 105 CV. Il partage bon nombre d’attributs avec son homologue maintes fois primé, le SKYACTIV-D 2,2 L disponible sur les Mazda CX-5, Mazda6 et Mazda3. Ce bloc a été développé dans le but d’offrir une combustion parfaite malgré un très faible taux de compression (14,8 : 1). Ce nouveau venu dans la gamme SKYACTIV bénéficie de plusieurs innovations technologiques parmi lesquelles une plage de mélange pauvre homogène étendue, une résistance mécanique encore moindre, et une nouvelle technologie d’isolation pour contrecarrer les pertes de refroidissement accrues inhérentes aux moteurs de plus faible cylindrée. Comme son grand frère, ce moteur est conforme en outre aux normes antipollution Euro 6 sans pour autant s’équiper d’un coûteux système de post-traitement des gaz d’échappement. Cette nouvelle motorisation intégrera également le système de coupure du moteur à l’arrêt i-Stop et le système de Récupération de l’Energie au Freinage i-ELOOP de Mazda.

Ssangyong : l’hybride diesel pour un futur SUV

La marque coréenne a dévoilé lors du dernier salon de Genève le concept-car XLV (pour eXciting smart Lifestyle Vehicle). Il s’agit d’un SUV hybride à sept places, qui combine un moteur 1.6L diesel avec un moteur électrique alimenté par une batterie lithium-ion. Le XLV fait suite à un précédent concept, baptisé XIV-1, et qui présente une configuration novatrice 2 +2 +2 +1, où le septième siège coulisse entre les deuxième et troisième rangées pour une flexibilité optimale. Ce concept est proche du modèle de série qui sera commercialisé fin 2014.

Toyota : système D-Cat

Le numéro 1 de l’automobile préfère l’hybride. C’est d’ailleurs lui qui a été le premier au passage à tester l’hybride diesel sur un utilitaire. En ce qui concerne le diesel, la marque propose le système D-CAT de Toyota qui combine un catalyseur DPNR (Diesel Particulate NOx Reduction system) à quatre voies. Il permet à la fois de réduire les émissions de NOx et les particules du diesel. Ce catalyseur réduit aussi la production d’hydrocarbures imbrûlés et de monoxyde de carbone. Il fonctionne sans additif et ne nécessite aucun entretien. Mais pour Euro 6, Toyota va s’appuyer sur son partenaire BMW.

Les constructeurs japonais s’y mettent

Les huit principaux constructeurs de l’archipel (Toyota, Honda, Nissan, Suzuki, Mazda, Mitsubishi, Daihatsu et Subaru) ont décidé de se regrouper autour d’un programme de recherche commun pour développer des motorisations réduisant de 30 % les émissions de CO2 d’ici 2020 par rapport au niveau de 2010. Un programme qui concerne aussi bien l’essence que le diesel. Nom de code : AICE (Research Association of Automotive Internal Combustion Engines). Sous la direction de Keiji Otsu, chef de la R&D de Honda, et avec le concours de deux universités de Tokyo, les ingénieurs des différents marques vont élaborer des moteurs plus propres, en planchant notamment sur la gestion thermique pour améliorer le rendement. Dans le domaine du diesel, leur objectif est aussi de développer un nouveau filtre à particules et de réduire les NOx. Dans le domaine de l’essence, les ingénieurs vont travailler sur l’amélioration de la combustion et la réduction du cliquetis. Un milliard de yen sera alloué à ce projet, dont la moitié apportée par le gouvernement nippon. Autrefois leaders sur l’efficacité énergétique des moteurs, et pionniers de l’électrique et de l’hybride, les constructeurs japonais ont été rattrapés par les européens, BMW et Volkswagen notamment. Et à part Mazda, avec son SKYACTIV-D, ils n’ont pas tellement brillé dans le domaine du diesel. La sévérisation des normes, en Europe comme dans le reste du monde, incite l’industrie automobile de l’archipel à intensifier ses efforts sur les moteurs thermiques, d’autant que ces derniers représenteront encore 90 % de la demande en 2020.

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