Les polluants locaux des voitures neuves diesel sont en forte diminution

Depuis de nombreuses années, et au-delà de la limitation des taux de CO2 - qui lui n’est pas un polluant -, la réglementation européenne impose des normes d’émission de rejets polluants locaux de plus en plus sévères. Ce sont les normes Euro. La première norme Euro 1 est entrée en vigueur le 1er janvier 1993.

Nous vivons depuis le 1er janvier 2011 sous l’empire de la norme Euro 5 qui a surtout divisé par cinq le taux d’émission de particules des moteurs diesel.

À partir du 1er septembre 2014 pour les nouveaux modèles et du 1er septembre 2015 pour tous les véhicules, de nouvelles normes plus sévères en matière d’émissions de NOx seront imposées. Au prix de technologies compliquées, coûteuses et fragiles (Nox Trap ou Réduction catalytique sélective), les constructeurs devront mettre sur le marché des véhicules dont le taux d’émission de NOx sera divisé par plus de deux par rapport à la norme Euro 5. Ces nouvelles technologies viendront renchérir sensiblement le prix des véhicules neufs de 800 à 1 000 €, ce qui pénalisera les petits véhicules diesel qui deviendront ainsi beaucoup moins compétitifs par rapport aux motorisations essence.

Pour une citadine au prix de 15 000 € par exemple, la conséquence sera loin d’être négligeable. Le recul du diesel sera donc être massif sur ces petits segments. On estime, chez PSA, que les motorisations essence pourraient représenter 70 à 80 % des ventes dans la catégorie des voitures urbaines après l’entrée en vigueur de la norme Euro 6. D’ores et déjà Renault, PSA et Toyota ne proposent plus de motorisation diesel sur leurs petits modèles de type Twingo ou C1.

Nous allons assister à une répartition plus franche et plus logique du marché entre des petits véhicules à essence pour les petits et moyens rouleurs, et des véhicules à motorisation diesel pour des véhicules plus importants et plus chers destinés à parcourir de plus longues distances.

Il reste cependant une inconnue : les motorisations essence, devenant aussi sophistiquées que les motorisations diesel, risquent de voir leurs taux de panne et leurs coûts d’entretien s’approcher de ceux des moteurs à gazole modernes qui ressemblent de plus en plus à de véritables usines à gaz.

La polémique sur les émissions de particules semblait close, les moteurs diesel équipés de coûteux filtres à particules étant désormais annoncés comme « propres ». Pas de chance, c’est maintenant au tour des motorisations à essence de poser des problèmes d’émissions de particules. En effet, les nouvelles motorisations à essence dites à injection directe émettraient dix fois plus de particules fines que les nouveaux moteurs diesel selon une étude du TÜV Nord publiée en Allemagne en 2013. La solution passerait par l’adoption de filtres à particules pour moteurs à essence, une modification qui coûterait de 40 à 130 € par voiture. Encore de beaux débats et de belles polémiques pour les années à venir.

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