Toujours plus de connectivité à Las Vegas, y compris dans la voiture

(Paris, le 13 janvier 2016)

La grand-messe des technologies grand public à Las Vegas, le CES, vient de baisser le rideau pour l’année 2016. Il a fait la part belle à la voiture connectée et aux partenariats entre les multiples acteurs impliqués dans ces développements, qui vont révolutionner la mobilité. L’Observatoire du Véhicule d’Entreprise (OVE) fait le point sur les grandes annonces dévoilées pendant ce salon.

• Les premiers modèles de série dotés de technologies autonomes se dévoilent

C’est une première. Un nouveau modèle de série avait décroché une licence dans le Nevada pour rouler en mode autonome, avant même d’avoir été présenté officiellement en public. Il s’agit de la nouvelle Classe E, qui a fait ses premiers tours de roue en tenue de camouflage dans le cadre du CES. Un joli symbole, face aux prototypes d’autres marques détentrices de la même licence, comme Hyundai et Kia, qui ont transformé des modèles existants et qui ne proposeront pas leurs aides à la conduite avant 2018, voire 2020. 

La Classe E inaugure non seulement le mode Highway Pilot, qui maintient seul la distance de sécurité, et « suit » la trajectoire de la voiture précédente jusqu'à 200 km/h, mais elle gère aussi le dépassement avec l’Active Lane Change Assist. C'est l'équivalent de ce que l'on trouve chez Tesla. Actif entre 80 et 180 km/h, le système se base sur les capteurs (caméra et radars), ainsi que sur le système de navigation qui affiche le nombre de voies sur autoroute et bien sûr, sur la direction assistée. La Classe E s’adapte par ailleurs automatiquement aux limitations de vitesse, à l’aide de la caméra qui reconnaît les panneaux.

L’Alliance Renault-Nissan a annoncé pour sa part pendant le même salon, plus de 10 véhicules avec des capacités autonomes d’ici 2020. Premières applications dès cette année avec un assistant qui maintient le véhicule dans sa file sur autoroute, et gère la conduite dans les embouteillages. Le groupe ajoutera le changement de file en 2018 et la gestion automatique des intersections en 2020.

• Les constructeurs font alliance avec les technos

Cela a été l’une des annonces les plus spectaculaires du CES 2016 et une "première" dans le secteur automobile. General Motors a conclu un accord avec le grand rival de Uber, Lyft, moyennant un ticket de 500 millions de dollars. Objectif ? Tester des solutions de mobilité. Les deux entreprises veulent "changer la conception traditionnelle du véhicule individuel", sans pour autant chercher à construire immédiatement ensemble une voiture autonome. D’ailleurs General Motors teste actuellement des Chevrolet Volt transformées en véhicules autonomes, et qui savent se garer toutes seules et venir jusqu’à la personne qui les appelle au moyen d’un smartphone. Ce qui est sûr, c’est que le constructeur entend gagner en visibilité au niveau de sa flotte et de son service de connectivité OnStar, qui sera utilisé par les chauffeurs de Lyft, et donc remarqués par les occupants de ces véhicules.

Selon les observateurs, il est assez clair que la transition vers le véhicule autonome, électrique et partagé, sera en partie assurée par des acteurs comme Lyft ou Uber. Ils offrent déjà un service de circulation communautaire efficace dans de nombreuses grandes villes. Car passer d’une flotte de véhicules avec chauffeur à une flotte de voitures autonomes constitue un excellent moyen de réduire drastiquement les coûts.

Dans un autre domaine, alors que Mercedes (Classe E) et Cadillac (CTS) prévoient dès cette année d’introduire le dialogue entre véhicules (V2V), pour minimiser le risque de collision aux carrefours ou en cas de panne, Audi va directement proposer la communication avec l’infrastructure et les autres véhicules (V2X), grâce à son partenaire Qualcomm. En plus des dangers signalés sur la route, comme une chaussée glissante, les modèles de la marque aux anneaux pourront ainsi bénéficier à bord des alertes en provenance des chantiers mobiles et se caler sur les feux de signalisation connectés.

Mobileye, la start-up spécialisée dans les caméras, a noué pour sa part deux partenariats au CES avec les constructeurs: l’un avec Volkswagen sur le véhicule autonome, un autre sur la mise à jour des cartes de GPS avec GM (via sa filiale OnStar). Le mapping ou cartographie est l’une des composantes essentielless à l’élaboration des véhicules autonomes.

Une autre compétition s’est engagée entre constructeurs et groupes technologiques sur les tableaux de bord. Si CarPlay (le système d’Apple) et Android Auto (la technologie de Google) font progressivement leur entrée dans les tableaux de bord, les constructeurs travaillent aussi à des solutions alternatives pour ne pas laisser le champ libre aux technos. C’est ce que propose Ford, via le protocole Smart Device Link, qui a pour l’instant séduit Toyota et PSA (alors qu’il a son propre écosystème Car Easy Apps). Honda, Mazda et Subaru seraient aussi intéressés.

• L’internet des objets fait son entrée dans l’automobile 

Bracelet, lunettes, maison et autres objets du quotidien s’imposent progressivement au monde de l’auto. 

C’est le cas du bracelet connecté, qui permet de connaître le rythme cardiaque et la température corporelle. Selon l’état de fatigue ou de stress, on considère chez Audi que le véhicule pourra déclencher un message, régler la clim’, allumer l’autoradio ou conseiller de faire une pause. Chez Volvo, avec le bracelet Band 2 de Microsoft connecté avec l’application On Call, il sera possible de parler à sa voiture pour transférer une adresse sur le GPS, activer le chauffage ou allumer les phares pour la repérer sur un parking.

L’équipementier français Valeo a pour sa part présenté au CES des lunettes connectées. Elles permettent de se synchroniser avec les phares et d’éviter l’éblouissement quand une voiture arrive en face. Les lunettes atténuent aussi de nuit l’éclairage intérieur qui peut être gênant. De jour, elles adaptent la vision lors des passages dans les tunnels et peuvent même servir… de lunettes de soleil.

Dans l’univers de la maison intelligente, Ford s’est rapproché d’Amazon (dont l’enceinte connectée Echo pourrait servir de passerelle pour piloter à la voix certaines fonctions de la maison intelligente, depuis le véhicule). Il veut aussi travailler avec le fabricant de drones chinois DJI pour piloter ce type d’engin à partir du système SYNC qui se trouve à bord des véhicules. Quant à VW, il a travaillé avec LG Electronics pour pouvoir consulter l’intérieur de son frigo connecté, depuis l’habitacle de son nouveau concept électrique, Budd-e.