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Volvo vise la neutralité carbone

(Paris, le 14 novembre 2019)

Très volontaire en matière de préservation de l’environnement, Volvo, la marque d’origine suédoise, amplifie ses efforts dans l’électrification et veut réduire de 40 % l’empreinte carbone de ses voitures d’ici 2025.

Comme il s’y était engagé, le constructeur a déjà effectivement mis en place une électrification de sa gamme. Il propose de l’hybridation légère 48 v, de l’hybride rechargeable et va se lancer dans le 100 % électrique avec une version à batterie du XC40. L'objectif d'ores et déjà affiché est de de générer 50 % de ses ventes à partir de véhicules 100 % électriques d’ici au milieu de la prochaine décennie

Mais, il veut aller encore plus loin. Un nouveau plan vise désormais à réduire l’empreinte carbone du cycle de vie de ses voitures de 40 % d’ici 2025. Et Il ne s’agit que d’un premier pas, l’ambition de Volvo étant, in fine, de devenir une entreprise climatiquement neutre d’ici à 2040.

Pour atteindre ces objectifs ambitieux, le constructeur entend aussi agir sur d’autres plans. Il va imposer l’utilisation de 25 % de plastiques recyclés dans chaque nouvelle Volvo au même horizon et la baisse de 25 % des émissions carbone produites par toutes les activités du constructeur, y compris la production et la logistique.  Le plan concerne d’ailleurs les sous-traitants et le secteur de l’énergie, qui sont sollicités pour aider Volvo à devenir climatiquement neutre.

Précisons encore que le XC40 Recharge, dont la sortie est prévue dans les prochains mois, inaugure en outre une nouvelle pratique de Volvo, qui divulguera désormais l’empreinte carbone moyenne du cycle de vie de chaque nouveau modèle.

Les utilitaires gagnés par la fièvre de l'électrique

(Paris, le 24 octobre 2019)

A l’image de ce que font les constructeurs dans le VP, avec une offre qui va de l’hybridation légère 48 v à l’hydrogène, les utilitaires se déclinent aussi en plusieurs chaînes de traction autour d’une batterie et d’un moteur électrique. Mais les approches sont différentes en fonction des constructeurs.

. Ford propose par exemple le Tourneo Custom (fourgon ou van) en hybride 48v. Le même modèle se décline aussi en hybride rechargeable (PHEV) avec 50 km d’autonomie. Et pour plus tard, en 2021, Ford annonce un Transit 100 % électrique. Le constructeur américain a dévoilé récemment son plan d’électrification.

. Du côté des utilitaires électriques, Renault et Nissan ont une certaine avance. Le Kangoo Z.E (et depuis le Master Z.E) et le NV e200 sont présents depuis déjà des années sur le marché. En face, la concurrence s’organise avec des utilitaires électriques chez les Allemands. On trouve sur le marché le Volkswagen e-Crafter et les Mercedes eVito et eSprinter.

. Pour sa part, le Groupe PSA était un peu en retrait avec la Citroën e-Berlingo et le Peugeot e-Partner, dont la technologie n’était pas vraiment au top. Mais il y a désormais une vraie volonté d’attaquer ce marché avec des produits compétitifs. PSA a décidé de commercialiser dès 2020 des versions électriques des Peugeot Expert, Citroën Jumpy et Opel Vivaro. Deux batteries de capacités différentes seront au programme : une de 50 kWh pour une autonomie de 200 kilomètres et une autre de 75 kWh pour un rayon d’action de 300 kilomètres (selon les normes d’homologation WLTP). Ces modèles se distingueront par une production 100 % française puisqu’ils seront assemblés dans l’usine de Hordain (Hauts-de-France) et qu’ils seront équipés d’une chaîne de traction électrique assemblée à l’usine de Trémery (Grand Est).  PSA précise que le groupe procèdera à l’électrification du reste de sa gamme de VUL et de ses dérivés VP dès 2021. A cette même date, il est prévu de développer des versions à hydrogène de l’Expert, du Jumpy et du Vivaro. Préparées par Opel, à qui PSA a délégué leur développement, ces utilitaires à pile à combustible permettront de tester le marché des flottes captives.

. Sur l’hydrogène, Renault n’est pas en reste puisqu’il propose déjà en séries limitées une version H2 de son Kangoo Z.E avec l’intégration d’une pile à combustible de Symbio, sous forme d’un prolongateur d’autonomie. Il y en a un certain nombre qui circulent en France, acquis par des collectivités ou des entreprises.Le constructeur va intégrer dans son offre commerciale pour les pros un Kangoo Z.E Hydrogen dès la fin d’année, et y ajouter un Master Z.E Hydrogen l’an prochain. En combinant la pile à combustible et la batterie, ces VUL pourront augmenter leur autonomie qui atteindra respectivement 370 et 350 km. Toutefois, la marque au losange pourrait à l’avenir choisir d’autres options. Conscient que le tout électrique ne résout pas tout, Renault pourrait alimenter un range extender avec d’autres sources d’énergies comme du gaz. 

Ce qu'il faut retenir du Salon de Francfort

(Paris, le 23 septembre 2019)

Même en Allemagne, où on adore l’automobile, on sent bien que les temps changent et que le « Dieselgate » a fait beaucoup de dégâts. Du coup, et pour se conformer aux exigences de Bruxelles, les constructeurs allemands investissent à fond dans l’électrique.  

A Francfort, c’est surtout Volkswagen, celui par qui le scandale est arrivé, qui a profité de ce salon pour faire peau neuve : changement de logo, lancement d’une voiture électrique de série. Elle a pour nom l’ID3. C’est une voiture de la taille de la Golf, qui inaugure plusieurs nouveautés. Basée sur une nouvelle plateforme électrique, elle propose trois tailles de batteries pour une autonomie de 330 à 550 km. A l’intérieur, l’ambiance est numérique. Le tableau de bord prend la forme d’un écran juste au-dessus du volant. Autre détail marquant : il y a un affichage tête haute dans le pare-brise, avec en prime, de la réalité augmentée. Quand le GPS est activé, des flèches viennent se superposer sur la vraie route pour vous indiquer où il faut tourner. Comptez  30 000 euros pour le premier modèle.

L’autre star du salon, c’est une Porsche. Un bolide qui ne fait pas de bruit mais beaucoup de buzz…. Baptisée Taycan,  c’est la première voiture de sport électrique chez Porsche avec ses 700 ch et ses performances hallucinantes. Franchement, la ligne est très réussie. Pour donner une idée des accélérations, la marque avait mis en place une animation pendant le salon, confrontant le  Taycan à un guépard ou à une Formule 1, par exemple. Et figurez-vous que c’est la Porsche qui accélère le plus fort.  Par ailleurs, on pouvait également voir une autre Porsche électrique, la 99X electric. Il s’agit de la monoplace qui est engagée en Formule E, le championnat zéro émission. Après avoir tant gagné au Mans, la marque s’est fixée un nouveau défi : s’imposer en électrique.

C’est vrai qu’il y avait beaucoup de modèles à batterie sur le salon. Parmi les modèles de série, citons la version électrique de la Corsa, la Honda e, ou encore une version améliorée de la Volkswagen e-Up. Et puis, il y avait des concepts. Mercedes présentait par exemple l’équivalent de la Classe S en mode électrique avec l’EQS. Hyundai de son côté dévoilait à travers son concept 45 la plateforme sur laquelle vont se baser de futurs modèles électriques.

Si on prend en considération les nombreuses marques qui avaient fait défection, comme Alfa, Bentley, Ferrari, Volvo, mais aussi Fiat, Citroën, Peugeot ou encore Toyota, il y avait bien sûr moins de nouveautés marquantes. Du coup, c’est essentiellement chez les Allemands que l’on trouvait les nouveaux modèles. Exemple, la Q3 Sportback chez Audi, le concept 4 chez BMW qui annonce la future Série 4, ou encore les nouvelles Porsche 911 Carrera 4, coupé et cabriolet.

A noter que Hyundai dévoilait la nouvelle i10. Renault, qui occupait un tout petit espace, exposait le nouveau Captur. Land Rover présentait le nouveau Defender. Et puis dans le domaine du très haut de gamme, la surprise venait  de Lamborghini avec la Sian, un bolide hybride de 819 ch. Prix de la bête : 500 000 euros. En résumé, Francfort ce n’est plus ce que c’était, mais il y avait encore des autos pour réver.

Comment l'hydrogène gagne les faveurs de l'industrie auto

(Paris, le 6 septembre 2019)

Les signes se multiplient, notamment sur le marché chinois mais pas que… La pile à combustible est de plus en plus considérée comme un complément à la batterie dans la famille des véhicules électriques. L’été a d'ailleurs été riche en annonces sur le front de la pile à combustible. BMW, qui a envoyé un certain nombre de signaux depuis quelques mois, a confirmé que le premier modèle à hydrogène serait un X5. Ce SUV sera proposé en petite série afin de tester la demande, au début de la prochaine décennie. L'annonce a été faite par Klaus Fröhlich, le patron de la recherche. Le vrai rendez-vous est fixé à 2025. A cette date, le constructeur allemand sera en mesure de proposer un véritable modèle de série, en partenariat avec Toyota.

Il y a aussi du mouvement du côté des équipementiers. Après Bosch, le numéro 1 mondial de l’équipement auto, qui a dévoilé ses intentions en avril dernier, c’est au tour de Continental Automotive de se lancer dans l’hydrogène. L’équipementier allemand a inauguré outre-Rhin un laboratoire dédié à la pile à combustible, ouvert en coopération avec l’Université technique de Chemnitz. Le laboratoire comprend notamment un banc d’essai à hautes performances, qui permet de tester les piles d’une puissance jusqu’à 150 kW (et à terme jusqu’à 300 kW). Le site permettra de simuler différentes conditions de circulation et de charge, avec des températures, des pressions et des conditions d’humidité différentes, afin d’observer l’impact sur l’autonomie. Continental estime que les piles à combustible peuvent être une solution adaptée aux véhicules de grandes dimensions et aux véhicules utilitaires, qui ont besoin d’une meilleure autonomie.

Côté français, on sait que Faurecia et Plastic Omnium sont très impliqués dans cette filière. Le premier a choisi cet été le site de Bavans, dans le Doubs, pour y établir son centre mondial de recherche sur le réservoir à hydrogène.

En Chine, l’industrie automobile accélère également.  Ainsi, Great Wall va se doter d'un nouveau centre de recherche et développement à Jiading, dans la banlieue de Shanghai. Il a signé en ce sens un contrat de coopération avec les autorités locales, qui veulent faire de ce territoire une vitrine de classe mondiale pour l'industrie automobile. Le centre sera axé sur les nouvelles technologies, dont l'hydrogène. Le district de Jiading a décidé d'investir l'équivalent de 7 milliards de dollars dans un plan de développement de cette forme d’énergie à l'horizon 2025.

Great Wall est un constructeur déjà engagé dans ce domaine. Membre de l'Hydrogen Council, l'industriel a fait des acquisitions pour renforcer ses compétences. Il s'est offert récemment Shanghai Fuel Cell Vehicle Powertrain, un fabricant de piles à combustible. Par ailleurs, il dispose d'un centre dédié à l'hydrogène à Baoding (province du Hebei), où il peut développer et tester des composants pour les véhicules à hydrogène. Le site permet de valider toute la chaîne, depuis la production d'hydrogène par électrolyse jusqu'au remplissage du réservoir, en passant par le stockage. Le constructeur chinois a prévu de sortir son premier modèle à pile à combustible en 2020, sous la marque Wey. Il sera développé sur une plateforme dédiée à l'électrique. Une flotte sera par ailleurs déployée en 2022, lors des JO d'hiver à Pékin.

Par ailleurs, DongFeng va aussi entrer sur le marché de l’hydrogène. Partenaire et actionnaire du groupe PSA, ce constructeur chinois a passé un accord de coopération stratégique avec la ville de Xiangyang (province du Hubei), l’institut de recherche de l’énergéticien chinois SPIC (State Power Investment Corporation) et l’Université technologique de Wuhan.

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