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Les utilitaires gagnés par la fièvre de l'électrique

(Paris, le 24 octobre 2019)

A l’image de ce que font les constructeurs dans le VP, avec une offre qui va de l’hybridation légère 48 v à l’hydrogène, les utilitaires se déclinent aussi en plusieurs chaînes de traction autour d’une batterie et d’un moteur électrique. Mais les approches sont différentes en fonction des constructeurs.

. Ford propose par exemple le Tourneo Custom (fourgon ou van) en hybride 48v. Le même modèle se décline aussi en hybride rechargeable (PHEV) avec 50 km d’autonomie. Et pour plus tard, en 2021, Ford annonce un Transit 100 % électrique. Le constructeur américain a dévoilé récemment son plan d’électrification.

. Du côté des utilitaires électriques, Renault et Nissan ont une certaine avance. Le Kangoo Z.E (et depuis le Master Z.E) et le NV e200 sont présents depuis déjà des années sur le marché. En face, la concurrence s’organise avec des utilitaires électriques chez les Allemands. On trouve sur le marché le Volkswagen e-Crafter et les Mercedes eVito et eSprinter.

. Pour sa part, le Groupe PSA était un peu en retrait avec la Citroën e-Berlingo et le Peugeot e-Partner, dont la technologie n’était pas vraiment au top. Mais il y a désormais une vraie volonté d’attaquer ce marché avec des produits compétitifs. PSA a décidé de commercialiser dès 2020 des versions électriques des Peugeot Expert, Citroën Jumpy et Opel Vivaro. Deux batteries de capacités différentes seront au programme : une de 50 kWh pour une autonomie de 200 kilomètres et une autre de 75 kWh pour un rayon d’action de 300 kilomètres (selon les normes d’homologation WLTP). Ces modèles se distingueront par une production 100 % française puisqu’ils seront assemblés dans l’usine de Hordain (Hauts-de-France) et qu’ils seront équipés d’une chaîne de traction électrique assemblée à l’usine de Trémery (Grand Est).  PSA précise que le groupe procèdera à l’électrification du reste de sa gamme de VUL et de ses dérivés VP dès 2021. A cette même date, il est prévu de développer des versions à hydrogène de l’Expert, du Jumpy et du Vivaro. Préparées par Opel, à qui PSA a délégué leur développement, ces utilitaires à pile à combustible permettront de tester le marché des flottes captives.

. Sur l’hydrogène, Renault n’est pas en reste puisqu’il propose déjà en séries limitées une version H2 de son Kangoo Z.E avec l’intégration d’une pile à combustible de Symbio, sous forme d’un prolongateur d’autonomie. Il y en a un certain nombre qui circulent en France, acquis par des collectivités ou des entreprises.Le constructeur va intégrer dans son offre commerciale pour les pros un Kangoo Z.E Hydrogen dès la fin d’année, et y ajouter un Master Z.E Hydrogen l’an prochain. En combinant la pile à combustible et la batterie, ces VUL pourront augmenter leur autonomie qui atteindra respectivement 370 et 350 km. Toutefois, la marque au losange pourrait à l’avenir choisir d’autres options. Conscient que le tout électrique ne résout pas tout, Renault pourrait alimenter un range extender avec d’autres sources d’énergies comme du gaz. 

Ce qu'il faut retenir du Salon de Francfort

(Paris, le 23 septembre 2019)

Même en Allemagne, où on adore l’automobile, on sent bien que les temps changent et que le « Dieselgate » a fait beaucoup de dégâts. Du coup, et pour se conformer aux exigences de Bruxelles, les constructeurs allemands investissent à fond dans l’électrique.  

A Francfort, c’est surtout Volkswagen, celui par qui le scandale est arrivé, qui a profité de ce salon pour faire peau neuve : changement de logo, lancement d’une voiture électrique de série. Elle a pour nom l’ID3. C’est une voiture de la taille de la Golf, qui inaugure plusieurs nouveautés. Basée sur une nouvelle plateforme électrique, elle propose trois tailles de batteries pour une autonomie de 330 à 550 km. A l’intérieur, l’ambiance est numérique. Le tableau de bord prend la forme d’un écran juste au-dessus du volant. Autre détail marquant : il y a un affichage tête haute dans le pare-brise, avec en prime, de la réalité augmentée. Quand le GPS est activé, des flèches viennent se superposer sur la vraie route pour vous indiquer où il faut tourner. Comptez  30 000 euros pour le premier modèle.

L’autre star du salon, c’est une Porsche. Un bolide qui ne fait pas de bruit mais beaucoup de buzz…. Baptisée Taycan,  c’est la première voiture de sport électrique chez Porsche avec ses 700 ch et ses performances hallucinantes. Franchement, la ligne est très réussie. Pour donner une idée des accélérations, la marque avait mis en place une animation pendant le salon, confrontant le  Taycan à un guépard ou à une Formule 1, par exemple. Et figurez-vous que c’est la Porsche qui accélère le plus fort.  Par ailleurs, on pouvait également voir une autre Porsche électrique, la 99X electric. Il s’agit de la monoplace qui est engagée en Formule E, le championnat zéro émission. Après avoir tant gagné au Mans, la marque s’est fixée un nouveau défi : s’imposer en électrique.

C’est vrai qu’il y avait beaucoup de modèles à batterie sur le salon. Parmi les modèles de série, citons la version électrique de la Corsa, la Honda e, ou encore une version améliorée de la Volkswagen e-Up. Et puis, il y avait des concepts. Mercedes présentait par exemple l’équivalent de la Classe S en mode électrique avec l’EQS. Hyundai de son côté dévoilait à travers son concept 45 la plateforme sur laquelle vont se baser de futurs modèles électriques.

Si on prend en considération les nombreuses marques qui avaient fait défection, comme Alfa, Bentley, Ferrari, Volvo, mais aussi Fiat, Citroën, Peugeot ou encore Toyota, il y avait bien sûr moins de nouveautés marquantes. Du coup, c’est essentiellement chez les Allemands que l’on trouvait les nouveaux modèles. Exemple, la Q3 Sportback chez Audi, le concept 4 chez BMW qui annonce la future Série 4, ou encore les nouvelles Porsche 911 Carrera 4, coupé et cabriolet.

A noter que Hyundai dévoilait la nouvelle i10. Renault, qui occupait un tout petit espace, exposait le nouveau Captur. Land Rover présentait le nouveau Defender. Et puis dans le domaine du très haut de gamme, la surprise venait  de Lamborghini avec la Sian, un bolide hybride de 819 ch. Prix de la bête : 500 000 euros. En résumé, Francfort ce n’est plus ce que c’était, mais il y avait encore des autos pour réver.

Comment l'hydrogène gagne les faveurs de l'industrie auto

(Paris, le 6 septembre 2019)

Les signes se multiplient, notamment sur le marché chinois mais pas que… La pile à combustible est de plus en plus considérée comme un complément à la batterie dans la famille des véhicules électriques. L’été a d'ailleurs été riche en annonces sur le front de la pile à combustible. BMW, qui a envoyé un certain nombre de signaux depuis quelques mois, a confirmé que le premier modèle à hydrogène serait un X5. Ce SUV sera proposé en petite série afin de tester la demande, au début de la prochaine décennie. L'annonce a été faite par Klaus Fröhlich, le patron de la recherche. Le vrai rendez-vous est fixé à 2025. A cette date, le constructeur allemand sera en mesure de proposer un véritable modèle de série, en partenariat avec Toyota.

Il y a aussi du mouvement du côté des équipementiers. Après Bosch, le numéro 1 mondial de l’équipement auto, qui a dévoilé ses intentions en avril dernier, c’est au tour de Continental Automotive de se lancer dans l’hydrogène. L’équipementier allemand a inauguré outre-Rhin un laboratoire dédié à la pile à combustible, ouvert en coopération avec l’Université technique de Chemnitz. Le laboratoire comprend notamment un banc d’essai à hautes performances, qui permet de tester les piles d’une puissance jusqu’à 150 kW (et à terme jusqu’à 300 kW). Le site permettra de simuler différentes conditions de circulation et de charge, avec des températures, des pressions et des conditions d’humidité différentes, afin d’observer l’impact sur l’autonomie. Continental estime que les piles à combustible peuvent être une solution adaptée aux véhicules de grandes dimensions et aux véhicules utilitaires, qui ont besoin d’une meilleure autonomie.

Côté français, on sait que Faurecia et Plastic Omnium sont très impliqués dans cette filière. Le premier a choisi cet été le site de Bavans, dans le Doubs, pour y établir son centre mondial de recherche sur le réservoir à hydrogène.

En Chine, l’industrie automobile accélère également.  Ainsi, Great Wall va se doter d'un nouveau centre de recherche et développement à Jiading, dans la banlieue de Shanghai. Il a signé en ce sens un contrat de coopération avec les autorités locales, qui veulent faire de ce territoire une vitrine de classe mondiale pour l'industrie automobile. Le centre sera axé sur les nouvelles technologies, dont l'hydrogène. Le district de Jiading a décidé d'investir l'équivalent de 7 milliards de dollars dans un plan de développement de cette forme d’énergie à l'horizon 2025.

Great Wall est un constructeur déjà engagé dans ce domaine. Membre de l'Hydrogen Council, l'industriel a fait des acquisitions pour renforcer ses compétences. Il s'est offert récemment Shanghai Fuel Cell Vehicle Powertrain, un fabricant de piles à combustible. Par ailleurs, il dispose d'un centre dédié à l'hydrogène à Baoding (province du Hebei), où il peut développer et tester des composants pour les véhicules à hydrogène. Le site permet de valider toute la chaîne, depuis la production d'hydrogène par électrolyse jusqu'au remplissage du réservoir, en passant par le stockage. Le constructeur chinois a prévu de sortir son premier modèle à pile à combustible en 2020, sous la marque Wey. Il sera développé sur une plateforme dédiée à l'électrique. Une flotte sera par ailleurs déployée en 2022, lors des JO d'hiver à Pékin.

Par ailleurs, DongFeng va aussi entrer sur le marché de l’hydrogène. Partenaire et actionnaire du groupe PSA, ce constructeur chinois a passé un accord de coopération stratégique avec la ville de Xiangyang (province du Hubei), l’institut de recherche de l’énergéticien chinois SPIC (State Power Investment Corporation) et l’Université technologique de Wuhan.

Taycan: le pari électrique de Porsche

(Paris, le 4 septembre 2019)

Si jusqu’à présent les derniers modèles Premium électriques n’ont guère fait trembler Tesla, de la Jaguar i-Pace à la Mercedes EQC, en passant par l’Audi e-tron, l’arrivée d’un bolide zéro émission chez Porsche pourrait changer la donne.

Démarrée sous le nom de Mission E (le concept car originel, qui a donné naissance ensuite à un modèle de série), l’aventure électrique de Porsche présente de gros enjeux.  La firme allemande n’a pas fait les choses à moitié. Elle s’est ainsi engagée dans le championnat du monde de Formule E à partir de la saison 2019/2020. Et c’est un lancement simultané sur trois continents (Etats-Unis, Europe, Asie) qui a été orchestré aujourd'hui par le constructeur pour son modèle Taycan.

Ce nouveau modèle embarque deux moteurs électriques développant une puissance totale de plus de 600 ch (440 kW) et le 0 à 100 km/h sera effectué en moins de 3,5 s. Cette dernière valeur a de l’importance, car Tesla a conquis les fans avec des accélérations canon. Et il ne faudrait que 12 secondes pour atteindre 200 km/h. Le Taycan est avant tout une Porsche, avant d’être électrique. Elle offrira donc d’abord de la performance, avec une vitesse de pointe de 250 km/h (un prérequis pour l’Allemagne, dont une partie du réseau autoroutier est à vitesse libre).

La marque de Zuffenhausen a aussi travaillé sur l’autonomie, donnée entre 400 et 600 km. Mais, c’est surtout au niveau de la recharge que Porsche a voulu faire fort. Grâce à une batterie dont la tension a été portée à 800 volts, et à condition bien sûr de le faire sur une borne Ionity à 350 kW, la recharge ne prendrait que 15 mn pour refaire le plein à 80 % de la batterie. Ce serait naturellement mieux que chez Tesla. Toutefois, dans les faits, le Taycan devra se contenter de points de charge aux performances plus limitées.

Un autre point fort est l’habitacle tout numérique, avec un large écran en travers de la planche de bord. Le Taycan doit aussi faire high-tech à l’intérieur et montrer qu’il sait négocier d’autres virages, comme ceux de la connectivité par exemple.

Deux modèles sont proposés en France : le Taycan Turbo S, à partir de 189 152 € et le Taycan Turbo, à partir de 155 552 €. Cette première Porsche électrique devrait d’abord séduire les inconditionnels, et probablement ceux qui ont déjà eu une 918 Spyder (hybride rechargeable de 887 ch). Elle pourrait aussi élargir la clientèle de la marque, qui doit de toute façon réduire drastiquement ses émissions de CO2. D’ici 2022, le constructeur allemand aura investi plus de 6 milliards d’euros dans l’électromobilité.

Ce sera en tout cas, l'une des grandes attractions du salon de Francfort, qui ouvrira ses portes au oubkic le 14 septembre prochain.

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