Superéthanol-E85 : une opportunité pour les entreprises ?

 

(Paris, le 30 juillet 2018)

Avec un prix à la pompe de l’ordre de 0,70 euro par litre, le Superéthanol-E85 constitue une source d’économie non-négligeable pour les entreprises (environ 400 euros nets par an, sur la base de 13 000 kilomètres parcourus et en tenant compte d’une consommation supérieure de 25 % avec l’E85 par rapport au SP95, selon les chiffres du SNPAA). De plus, les propriétaires de véhicules « flexfuel » bénéficient également en France d’une exonération de malus ou encore d’une carte grise gratuite ou à moitié prix selon les régions.
Autre avantage pour les entreprises :

  • la TVA est récupérable à hauteur de 80 %, comme pour le gazole.
     
  • Une exonération du malus écologique (1) : Les véhicules à technologie Flexfuel quiémettent moins de 250g de CO2 / km bénéficient d’un abattement de 40% sur leurs émissions.
    (1) Source : article 1011 bis code général des impôts.
     
  • Exonération de TVS pour les entreprises (2) : Les véhicules combinant électricité et Superéthanol-E85 dont les émissions sont inférieures à 100 g CO2 / km bénéficient d’une exonération de TVS (Taxe sur les Véhicules de Société) pour 12 trimestres à compter de la première mise en circulation.
    (2) Source : article 1010 du Code général des impôts.

Enfin, il n’est pas soumis aux restrictions de circulation lors de pics de pollution. Malgré ces avantages, le Superéthanol-E85 a du mal à décoller en France. En 2017, 758 immatriculations de véhicules « flexfuel » ont été enregistrées sur l’ensemble du marché français (dont seulement 40 véhicules l’ont été par des entreprises). De janvier à juillet 2018, les immatriculations de véhicules « flexfuel » n'ont pas vu leur rythme s’accélérer avec 329 au total sur le marché français, dont 28 en entreprise. Dans son ensemble, le parc roulant de véhicules « flexfuel » serait d’environ 32 000 véhicules.

Le développement du Superéthanol-E85 est notamment freiné par le faible nombre de modèles commercialisés.  Autre difficulté mais qui tend à se réduire : la faiblesse actuelle du réseau de distribution. A fin juin 2018, plus de 1 000 stations-service proposent le Superéthanol-E85, soit 9 % des stations-service en France. Le SNPAA fait valoir que « ce réseau s’étend au rythme de trois ouvertures de stations E85 par semaine ». (Voir l’application « Mes stations E85 » et le site www.bioethanolcarburant.com).

Pourtant, une innovation pourrait bien lancer le marché des véhicules flexfuel en France : le boîtier de conversion à l’E85 (arrêté d’homologation des boîtiers E85, publié en décembre dernier). Ce petit boîtier électronique, à intercaler entre le calculateur d’injection de la voiture et les injecteurs sur le moteur, permet à un véhicule essence de rouler au Superéthanol-E85, soit en adjonction à l’essence traditionnelle, soit en substitution. Son rôle est de moduler les temps d’injection selon le pourcentage d’éthanol présent dans le réservoir, pour permettre au moteur de fonctionner convenablement.