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Le moteur Diesel n'a pas dit son dernier mot

(Paris, le 15 novembre 2019)

Evidemment, certaines déclarations font réfléchir… Comme celle du groupe Volkswagen qui annonce qu’il arrêtera de développer des moteurs Diesel à partir de 2026. De quoi marquer les esprits, dans le prolongement de décisions déjà annoncées par d’autres marques (Toyota, Honda) d’arrêter le Diesel en Europe. Toutefois, il faut relativiser ce genre de propos, qui concerne certes les VP, mais pas forcément (encore) les SUV et les utilitaires….

En tout cas, les équipementiers ont un avis plus nuancé. Ainsi, Bosch développe des technologies pour des groupes motopropulseurs essence ou Diesel à faibles émissions. En 2030, selon le groupe, environ 75 % des véhicules particuliers et véhicules utilitaires légers neufs seront encore équipés d'un moteur à combustion. Il est donc logique de continuer à investir des sommes importantes dans l'optimisation des moteurs, qu’ils soient à essence ou au Diesel. Ce dernier continue de reculer partout en Europe (un peu moins en Allemagne), mais il a encore du potentiel, estime l’équipementier. L’une des pistes est d’utiliser par exemple l'intelligence artificielle pour développer les moteurs à combustion. Bosch arrive ainsi à piloter plus finement le contrôle et le traitement des gaz d'échappement, en fonction de schémas résultant de l’analyse du comportement des conducteurs. Cela permet de réduire davantage les émissions des véhicules. Le groupe a eu l’occasion d’exprimer ces idées lors d’un symposium sur la qualité de l’air, qu’il a organisé le 7 novembre à son siège de Saint-Ouen, près de Paris.

Les moteurs qui sortent actuellement sont toujours plus performants et plus sobres. Le plus étonnant est de voir qu’un constructeur comme Volkswagen, qui pousse à fond sur l’électrique, continue à améliorer le… Diesel. Sur ses derniers modèles, dont la Golf, un double catalyseur permet de réduire de 80 % les NOx. Par ailleurs, le constructeur allemand donne le choix sur son modèle fétiche. En plus de l’essence et du diesel, il est possible d’opter pour l’hybridation légère 48 v, l’hybride rechargeable et le gaz naturel. C’est aussi ce que propose Skoda sur la dernière Octavia. Tout cela pour dire que, malgré les déclarations fracassantes, les constructeurs ont tout intérêt à maintenir pendant un certain temps le moteur thermique. Un acteur comme Mazda est d’ailleurs convaincu que des innovations restent possibles, comme son moteur Skyactiv X qui roule à l’essence, mais se comporte comme un diesel.

Il y a aussi les carburants de synthèse, comme les e-fuels que poussent les industriels allemands (VW et Bosch). Outre-Rhin, on appelle cela le R33 car on peut le mélanger à hauteur de 33 % au gazole sans changer le moteur. C’est plus cher, mais le gain en CO2 est de 20 %.

Même si l’électrification est en route, un modèle hybride ou hybride rechargeable comporte toujours un moteur thermique. Et puis, il y a les prolongateurs d’autonomie (range extender). Si l’on se réfère à certains modèles électriques pas si anciens, un moteur à combustion était prévu en complément pour recharger la batterie. C’était le cas sur la BMW i3 à une époque, et bien avant sur l’Opel Ampera (dérivée de la Chevrolet Volt de GM). De tels moteurs pourraient faire leur retour sur des modèles électriques, mais plutôt des utilitaires. Aujourd’hui, Renault a fait le choix de recourir à la pile à combustible pour étendre l’autonomie du Kangoo et du Master électriques. Mais, il pourrait y avoir d’autres combinaisons avec de l’éthanol ou du gaz naturel. Tout cela pour dire que, même si sa taille doit se réduire, le moteur va encore rester dans le paysage automobile. Et si la France applique, comme le prévoit la LOM la fin de la vente des moteurs thermiques en 2040, l’effet parc fera en sorte que des millions de voitures seront encore sur la route en 2050, date à laquelle est fixée en principe dans notre pays la neutralité carbone.

Volvo vise la neutralité carbone

(Paris, le 14 novembre 2019)

Très volontaire en matière de préservation de l’environnement, Volvo, la marque d’origine suédoise, amplifie ses efforts dans l’électrification et veut réduire de 40 % l’empreinte carbone de ses voitures d’ici 2025.

Comme il s’y était engagé, le constructeur a déjà effectivement mis en place une électrification de sa gamme. Il propose de l’hybridation légère 48 v, de l’hybride rechargeable et va se lancer dans le 100 % électrique avec une version à batterie du XC40. L'objectif d'ores et déjà affiché est de de générer 50 % de ses ventes à partir de véhicules 100 % électriques d’ici au milieu de la prochaine décennie

Mais, il veut aller encore plus loin. Un nouveau plan vise désormais à réduire l’empreinte carbone du cycle de vie de ses voitures de 40 % d’ici 2025. Et Il ne s’agit que d’un premier pas, l’ambition de Volvo étant, in fine, de devenir une entreprise climatiquement neutre d’ici à 2040.

Pour atteindre ces objectifs ambitieux, le constructeur entend aussi agir sur d’autres plans. Il va imposer l’utilisation de 25 % de plastiques recyclés dans chaque nouvelle Volvo au même horizon et la baisse de 25 % des émissions carbone produites par toutes les activités du constructeur, y compris la production et la logistique.  Le plan concerne d’ailleurs les sous-traitants et le secteur de l’énergie, qui sont sollicités pour aider Volvo à devenir climatiquement neutre.

Précisons encore que le XC40 Recharge, dont la sortie est prévue dans les prochains mois, inaugure en outre une nouvelle pratique de Volvo, qui divulguera désormais l’empreinte carbone moyenne du cycle de vie de chaque nouveau modèle.

Les utilitaires gagnés par la fièvre de l'électrique

(Paris, le 24 octobre 2019)

A l’image de ce que font les constructeurs dans le VP, avec une offre qui va de l’hybridation légère 48 v à l’hydrogène, les utilitaires se déclinent aussi en plusieurs chaînes de traction autour d’une batterie et d’un moteur électrique. Mais les approches sont différentes en fonction des constructeurs.

. Ford propose par exemple le Tourneo Custom (fourgon ou van) en hybride 48v. Le même modèle se décline aussi en hybride rechargeable (PHEV) avec 50 km d’autonomie. Et pour plus tard, en 2021, Ford annonce un Transit 100 % électrique. Le constructeur américain a dévoilé récemment son plan d’électrification.

. Du côté des utilitaires électriques, Renault et Nissan ont une certaine avance. Le Kangoo Z.E (et depuis le Master Z.E) et le NV e200 sont présents depuis déjà des années sur le marché. En face, la concurrence s’organise avec des utilitaires électriques chez les Allemands. On trouve sur le marché le Volkswagen e-Crafter et les Mercedes eVito et eSprinter.

. Pour sa part, le Groupe PSA était un peu en retrait avec la Citroën e-Berlingo et le Peugeot e-Partner, dont la technologie n’était pas vraiment au top. Mais il y a désormais une vraie volonté d’attaquer ce marché avec des produits compétitifs. PSA a décidé de commercialiser dès 2020 des versions électriques des Peugeot Expert, Citroën Jumpy et Opel Vivaro. Deux batteries de capacités différentes seront au programme : une de 50 kWh pour une autonomie de 200 kilomètres et une autre de 75 kWh pour un rayon d’action de 300 kilomètres (selon les normes d’homologation WLTP). Ces modèles se distingueront par une production 100 % française puisqu’ils seront assemblés dans l’usine de Hordain (Hauts-de-France) et qu’ils seront équipés d’une chaîne de traction électrique assemblée à l’usine de Trémery (Grand Est).  PSA précise que le groupe procèdera à l’électrification du reste de sa gamme de VUL et de ses dérivés VP dès 2021. A cette même date, il est prévu de développer des versions à hydrogène de l’Expert, du Jumpy et du Vivaro. Préparées par Opel, à qui PSA a délégué leur développement, ces utilitaires à pile à combustible permettront de tester le marché des flottes captives.

. Sur l’hydrogène, Renault n’est pas en reste puisqu’il propose déjà en séries limitées une version H2 de son Kangoo Z.E avec l’intégration d’une pile à combustible de Symbio, sous forme d’un prolongateur d’autonomie. Il y en a un certain nombre qui circulent en France, acquis par des collectivités ou des entreprises.Le constructeur va intégrer dans son offre commerciale pour les pros un Kangoo Z.E Hydrogen dès la fin d’année, et y ajouter un Master Z.E Hydrogen l’an prochain. En combinant la pile à combustible et la batterie, ces VUL pourront augmenter leur autonomie qui atteindra respectivement 370 et 350 km. Toutefois, la marque au losange pourrait à l’avenir choisir d’autres options. Conscient que le tout électrique ne résout pas tout, Renault pourrait alimenter un range extender avec d’autres sources d’énergies comme du gaz. 

Ce qu'il faut retenir du Salon de Francfort

(Paris, le 23 septembre 2019)

Même en Allemagne, où on adore l’automobile, on sent bien que les temps changent et que le « Dieselgate » a fait beaucoup de dégâts. Du coup, et pour se conformer aux exigences de Bruxelles, les constructeurs allemands investissent à fond dans l’électrique.  

A Francfort, c’est surtout Volkswagen, celui par qui le scandale est arrivé, qui a profité de ce salon pour faire peau neuve : changement de logo, lancement d’une voiture électrique de série. Elle a pour nom l’ID3. C’est une voiture de la taille de la Golf, qui inaugure plusieurs nouveautés. Basée sur une nouvelle plateforme électrique, elle propose trois tailles de batteries pour une autonomie de 330 à 550 km. A l’intérieur, l’ambiance est numérique. Le tableau de bord prend la forme d’un écran juste au-dessus du volant. Autre détail marquant : il y a un affichage tête haute dans le pare-brise, avec en prime, de la réalité augmentée. Quand le GPS est activé, des flèches viennent se superposer sur la vraie route pour vous indiquer où il faut tourner. Comptez  30 000 euros pour le premier modèle.

L’autre star du salon, c’est une Porsche. Un bolide qui ne fait pas de bruit mais beaucoup de buzz…. Baptisée Taycan,  c’est la première voiture de sport électrique chez Porsche avec ses 700 ch et ses performances hallucinantes. Franchement, la ligne est très réussie. Pour donner une idée des accélérations, la marque avait mis en place une animation pendant le salon, confrontant le  Taycan à un guépard ou à une Formule 1, par exemple. Et figurez-vous que c’est la Porsche qui accélère le plus fort.  Par ailleurs, on pouvait également voir une autre Porsche électrique, la 99X electric. Il s’agit de la monoplace qui est engagée en Formule E, le championnat zéro émission. Après avoir tant gagné au Mans, la marque s’est fixée un nouveau défi : s’imposer en électrique.

C’est vrai qu’il y avait beaucoup de modèles à batterie sur le salon. Parmi les modèles de série, citons la version électrique de la Corsa, la Honda e, ou encore une version améliorée de la Volkswagen e-Up. Et puis, il y avait des concepts. Mercedes présentait par exemple l’équivalent de la Classe S en mode électrique avec l’EQS. Hyundai de son côté dévoilait à travers son concept 45 la plateforme sur laquelle vont se baser de futurs modèles électriques.

Si on prend en considération les nombreuses marques qui avaient fait défection, comme Alfa, Bentley, Ferrari, Volvo, mais aussi Fiat, Citroën, Peugeot ou encore Toyota, il y avait bien sûr moins de nouveautés marquantes. Du coup, c’est essentiellement chez les Allemands que l’on trouvait les nouveaux modèles. Exemple, la Q3 Sportback chez Audi, le concept 4 chez BMW qui annonce la future Série 4, ou encore les nouvelles Porsche 911 Carrera 4, coupé et cabriolet.

A noter que Hyundai dévoilait la nouvelle i10. Renault, qui occupait un tout petit espace, exposait le nouveau Captur. Land Rover présentait le nouveau Defender. Et puis dans le domaine du très haut de gamme, la surprise venait  de Lamborghini avec la Sian, un bolide hybride de 819 ch. Prix de la bête : 500 000 euros. En résumé, Francfort ce n’est plus ce que c’était, mais il y avait encore des autos pour réver.

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