V2X : la révolution en marche dans la connectivité

(Paris, le 4 mars 2020)

Si on parle beaucoup de voiture connectée, avec l’intégration de smartphones et l’appel d’urgence localisé, le meilleur reste sans doute à venir. Les véhicules commencent à pouvoir dialoguer entre eux et avec l’infrastructure.

La Golf de 8ème génération est le premier modèle de grande diffusion à être vraiment connecté. Le modèle fétiche de Volkswagen va embarquer en effet un module permettant de communiquer en Wi-Fi avec les autres Golf 8 et avec les infrastructures équipées du même standard. Il s’agit d’une version (802.11 p) adaptée à la route et connue aussi sous le nom d’ITS-G5. VW est avec Renault l’un des rares partisans de ce protocole de communication, qui a l’avantage d’être mature après une bonne dizaine d’années d’expérimentations Europe.  Il est proche de la bande de fréquence du télépéage (5,9 Ghz).

La nouvelle Golf va donc pouvoir transmettre automatiquement des alertes sur le trafic, les accidents et les freinages d’urgence. Les données seront relayées dans un rayon de 800 m. Le véhicule pourra aussi recevoir des informations (chantiers, météo) provenant de l’infrastructure, sachant que 6 000 km de voies devaient être équipés à la fin 2019. Et on peut même imaginer de la communication entre véhicules et piétons, ces derniers étant « détectés » à distance. Il y a aussi une approche visant à faire parler les trains et les voitures pour éviter, par exemple, des accidents aux passages à niveau.

Dans l’automobile, cette capacité à communiquer avec les autres usagers sera d’ailleurs de plus en plus prise en compte par EuroNCAP dans sa notation des véhicules soumis à des tests de sécurité.

Toutefois, les constructeurs ont globalement fait le choix de la 5G. Le protocole C-V2X, qui s’appuie sur le futur réseau de téléphonie mobile, a l’avantage d’être plus rapide grâce à un temps de latence ultra-court. L’américain Qualcomm et le chinois Huawei poussent en faveur de cette technologie. La 5G est jugée préférable, car plus performante en matière de transmission de données. Elle pourra autoriser la mise à jour de logiciels à la volée et au téléchargement de cartes de haute définition pour la navigation. Et c’est aussi le standard choisi par les USA et la Chine. L’Europe, qui voulait imposer le Wi-Fi envers et contre tout, a fini par capituler sous la pression des constructeurs qui ont multiplié les démonstrations pour mettre en valeur la 5G. Le réseau devrait couvrir les principaux axes de transport d’ici 2025.

L’industrie automobile va probablement proposer les deux technologies. En misant sur le Wi-Fi et le réseau cellulaire, les voitures pourront potentiellement prendre toutes sortes d’informations à la source. Ce sera comme le système Coyote d’alerte de dangers, sauf que les alertes seront transmises automatiquement. Les véhicules connaîtront leur position respective et pourront s’échanger sous forme de données des « tuyaux » pour rouler en plus grande sécurité. Un exemple : il sera possible de « voir » la route à travers le véhicule qui précède, en récupérant le flux vidéo de sa caméra embarquée (fonction « see through »). Non seulement ils pourront éviter les accidents, mais la technologie pourra aussi diffuser une consigne de vitesse idéale à respecter pour réduire les embouteillages. 

C’est d’ailleurs grâce à la combinaison des réseaux et de la fusion avec les capteurs que les constructeurs pourront faire fonctionner avec plus de fiabilité leurs futurs véhicules autonomes, la 5G ouvrant la voie par ailleurs à des pelotons de voitures et de camions.

Il est étonnant de voir que la Sécurité Routière, obsédée par l’usage des smartphones, ne parle jamais de ce type d’innovations. En comparaison, la NHTSA des Etats-Unis consacre des rubriques à la communication entre véhicules et à la cybersécurité. Chez nous, les équipes en charge des transports intelligents sont au Ministère de l’Ecologie. Quoiqu’il en soit, la communication V2X a déjà trouvé un cas d’usage : la détection d’infractions au Code de la route à partir d’un drone et la transmission de ces données au sol pour les forces de l’ordre.