La France croit à l'hydrogène

 

(Paris, le 19 février 2020)

Le véhicule électrique à batterie n’est pas la seule technologie à être appuyée par le gouvernement. Des fonds sont également prévus pour développer la filière hydrogène, à travers des écosystèmes locaux.

L’ADEME a ainsi annoncé en janvier les derniers lauréats de son AAP (appel à projets) sur les écosystèmes de la mobilité hydrogène.  Ce sont ainsi 10 projets qui ont été retenus pour la deuxième vague, 11 l’ayant déjà été lors du premier volet en 2019. Au total, l’ADEME assure un financement de 80 millions d’euros pour ces projets qui vont déboucher sur le déploiement de plus de 43 stations à hydrogène (pour un objectif de 100 en 2023), de 158 poids lourds (pour un objectif de 200 en 2023) et de 1 800 VP et VUL à pile à combustible.

Le projet le plus ambitieux concerne le déploiement de 600 taxis à Paris dans le cadre de la compagnie HYPE. Air Liquide et Toyota sont les deux principaux partenaires de ce qui sera, d’ici la fin de l’année, la plus grosse flotte de ce type dans le monde. Trois nouvelles stations seront aménagées en Ile-de-France pour faire le « plein » des taxis à hydrogène.

S’agissant des autres projets, il s’agit avant tout de déployer des bus à hydrogène dans des territoires aussi divers que Béthune, Châteauroux, Montpellier, Lyon, ou encore Le Mans. Figurent également au nombre des nominés, des bennes à ordures ménagères et même des camions.

Dans tous les cas de figure, ces véhicules seront alimentés par de l’hydrogène vert, produit par électrolyse à partir d’énergies renouvelables. La Loi énergie climat de novembre 2019 table sur une proportion de 20 à 40 % d’hydrogène décarboné en 2028. La logique de développement consiste également à mettre en place des écosystèmes au niveau des territoires (métropoles, régions) avec l’appui de syndicats d’énergie et de transports. Ce sont en quelque sorte des hubs qui vont se déployer. Par exemple, en région Auvergne-Rhône-Alpes, le projet « Zero Emission Valley » prévoit la création de 20 stations de charge pour accompagner de la mise en circulation de 1 200 véhicules utilitaires H2 d’ici à 2023.

En favorisant des stations mutualisées, la France peut encourager la mise sur le marché de véhicules qui seront, dans un premier temps, utilisés par des collectivités et des entreprises. En tout cas, les moyens suivent, même s’ils ne sont pas forcément à la hauteur des enjeux, selon les professionnels de la filière qui réclament 800 millions d’euros à l’Etat.

En 2019, plus de 90 millions de financements publics ont été consacrés à l’hydrogène. Et sur 2020, de nouveaux appels à projets vont être lancés par l’ADEME. L’un d’eux concerne le train H2, qui est une alternative crédible au Diesel sur les lignes non électrifiées. La production massive d’hydrogène vert pourrait justement contribuer à la création de stations pouvant alimenter aussi bien des trains que des bus et des voitures. Une logique assez unique en Europe.