Vers un nouveau format pour les essais auto

(Paris, le 9 juillet 2020)

Pas de salon de Genève (et il n’y en aura pas en 2021) et pas de Mondial de l’Auto à Paris cette année… A priori, c’était mal parti pour les constructeurs, même si des présentations virtuelles ont eu lieu et que les médias évoquent l'actualité au fil de l'eau. Simplement, rien ne remplace le contact et l’expérience de conduite. Les 30 juin et 1er juillet, ce sont 21 marques automobiles qui ont donc accepté de se réunir dans un même endroit (un campus au nord de Roissy, dans l’Oise) pour proposer des essais de leur gamme et de leurs dernières nouveautés. L'affiche était à la hauteur: de BMW à McLaren, en passant par Honda, Jaguar, Mercedes, Porsche et Skoda. En tout, pas moins de 68 modèles, dont de vraies premières, pour une soixantaine de journalistes. Ce rendez-vous hors normes a été monté par l’AMAM (Association des Médias Auto et Moto), une jeune structure qui rassemble près de 200 membres, avec des représentants de la presse, de la communication et des prestations automobiles.

De l’avis général, l’événement a été une réussite. Il a permis de prendre en main de nombreuses nouveautés, avec des essais organisés sous forme de boucles. Il suffisait simplement de flasher le code QR du parcours (pour véhicule thermique, sportif ou électrique) et de connecter son smartphone au véhicule pour retrouver l’itinéraire de Google Maps sur écran (via Android Auto ou CarPlay). En 30 ou 45 mn, il était possible de se faire une idée sur des modèles aussi divers que la Honda Jazz Hybrid, le Peugeot 3008 Hybrid, la Mini Electrique ou encore la Porsche Taycan S (qui était le modèle le plus époustouflant du plateau).

Le grand avantage, c’est que ce type d’essais permet de rentabiliser le temps pour tout le monde. Il suffit de réserver à l’avance (et en ligne) le modèle souhaité et de se rendre au parking, sachant qu’il est possible d’échanger plus tard avec des représentants de la marque. Il pourrait donc être dupliqué dans le monde de l’entreprise. Les gestionnaires de parcs pourraient ainsi profiter d’un seul déplacement pour se faire une idée sur les dernières nouveautés.

Au-delà du format, ce type d’essais permet de sentir les tendances et d’évaluer les innovations techniques. Nous avons pu remarquer par exemple que les ADAS (aides à la conduite) pouvaient être très intrusives, que ce soit au niveau du maintien dans la voie, de la notification de risque de collision, ou encore de l’arrêt automatique d’urgence. L’affichage sur les écrans est aussi une source potentielle de problèmes, car ils sont de plus en plus grands et proposent de très nombreux menus. La simplicité et la sobriété font aussi du bien, de temps en temps.

Evidemment, ce sont les modèles hybrides rechargeables et électriques qui étaient les plus attendus. Nous avons pu apprécier le silence et le confort de la Skoda Octavia iV, les technologies de pointe de la Honda e (un modèle audacieux, tant pour le design que pour ses prestations), ainsi que la sportivité de la Mini Electrique. Tesla n’était pas là, mais Porsche a fait le spectacle avec la Taycan, qui est un vrai piège pour permis. La mobilité électrique a bien progressé avec des autonomies plus importantes et des modes de regénération à la demande.

Au final, ce type d’opération coûte moins cher à organiser pour les marques. Il faut savoir en effet qu’elles dépensent beaucoup pour faire voyager les journalistes, les héberger et assurer la logistique (acheminement, préparation des voitures, lavage, entretien, carburant). Et comme elles se posent des questions sur la pertinence de se rendre ou pas dans des salons, le road show « tout en un » est assurément un concept qui devrait perdurer.