VW capitalise sur les infrastructures de recharge

(Paris, le 11 mai 2020)

Si Tesla a réussi à passer le cap du million de clients, c’est aussi parce qu’il a su mettre en place un écosystème avec un réseau de superchargeurs. Lequel compte 1 870 stations et 16 585 points de charge (l’Amérique du Nord et l’Europe sont les régions du globe les mieux équipées).  En aidant les conducteurs de ses voitures à voyager loin, en leur garantissant de pouvoir faire le plein, la marque californienne a levé l’un des obstacles au développement pérenne du véhicule électrique : celui de la panne sèche. Décidé à jouer les premiers rôles dans la mobilité électrique dans le courant de cette décennie, le groupe Volkswagen entend lui aussi agir sur l’infrastructure.

Ainsi, le construteur allemand participe à l’effort de construction des bornes ultra-rapides Ionity avec l’aide de ses filiales Audi et Porsche. Fondé en 2017, avec d’autres constructeurs (BMW, Mercedes, Ford), le réseau devrait compter 400 bornes en Europe d’ici la fin de l’année. Les points de charge, d’une capacité de 150 à 350 kW, fournissent assez de courant pour alimenter en électricité l’équivalent de 60 000 smartphones ou 3 500 lampes de 100 W. Le coronavirus risque cependant de freiner le rythme d’implantation de ces bornes (on comptait 200 stations installées en début d’année). Par ailleurs, le coût d’utilisation (0,79 € du kWh) risque de dissuader les clients qui ont un véhicule d’une marque autre que celle des financeurs du consortium.

 Volkswagen travaille sur un autre type de bornes rapides.  Elles sont qualifiées de flexibles, car elles pourront être installées pratiquement n’importe où et à un coût largement inférieur, sans travaux de génie civil ou raccordement au réseau électrique. L’astuce vient d’un bloc-batterie qui permet de stocker l’électricité et de délivrer le courant rapidement. On peut ainsi charger en même temps deux voitures à 150 kW. Pour que la batterie installée dans la borne de recharge dispose toujours d’une capacité suffisante, elle est alimentée en permanence par un raccordement électrique conventionnel de 16 à 63 A. La solution, développée avec l’aide de l’énergéticien E.ON, sera d’abord lancée outre-Rhin. Le groupe va aussi lancer des bornes de ce type en Chine, qui est le marché appelé à se développer le plus fortement. Un accord a été signé en ce sens avec la start-up Shanghai DU-POWER New Energy Technical. A noter que les bornes flexibles seront alimentées en électricité verte. De plus, elles sont conçues pour pouvoir, à l’avenir, utiliser d’anciennes batteries de véhicules électriques comme accumulateurs d’énergie.

Par ailleurs, le groupe a développé une solution très astucieuse pour les parkings. Il s’agit de robots autonomes qui viennent charger les voitures électriques. Ces robots, équipés de caméras et de capteurs, sont également dotés de dispositifs de stockage d’énergie flexibles. VW les qualifie de wagons-batterie. Lorsqu’ils sont pleinement chargés, ces derniers disposent chacun d’environ 25 kWh d’énergie. Le rôle du robot est d’amener ces wagons jusqu’au véhicule et de les connecter, ce qui permet d’effectuer une charge rapide en courant continu allant jusqu’à 50 kW. Aucune date n’est avancée pour le déploiement de ce concept, qui permet de répondre à l’absence de bornes dans les parkings souterrains.

Enfin, en collaboration avec ses distributeurs, l’industriel va installer 36 000 bornes de charge en Europe d’ici à 2025. Une grande partie de ces bornes seront à la disposition du public.